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# Posté le jeudi 30 juillet 2009 07:51

Pour cette première interview, Tiken revenait pour nous sur les sujets polémique de l'époque

Pour cette première interview, Tiken revenait pour nous sur les sujets polémique de l'époque
Tiken, que penses-tu des nouvelles lois sur l'immigration choisie, de Nicolas Sarkozy ?
Je pense que c'est très, très grave. Je fais un petit résumé : pendant la période de l'esclavage en Afrique, on nous a arraché « nos bras valides », ils ont pris ceux qui étaient costauds.
Avec la nouvelle loi de l'immigration choisie, ça veut dire qu'ils vont choisir des intellectuels africains, ils vont choisir des gens qui ont la possibilité de créer des choses, à ceux-là, ils vont donner des visas qui vont être differents des autres visas. On risque de proposer à ces gens de pouvoir rester en France, parce qu'on va les mettre à l'aise, alors que les autres, ils vont galérer, vous voyez ?
Voilà pourquoi je dis que c'est très grave, j'ai l'habitude de dire que j'exagère mais je dis que cette loi, c'est une déclaration de guerre contre l'Afrique et que c'est un complot contre les pays en voie de développement, voilà ce que je dis.


Je sais que si c'est une loi qui devait être votée par tous les Français, peut-être que ça ne serait pas passé mais elle a été validée par les députés, et comme Nicolas Sarkozy est de l'UMP et qu'ils ont la majorité, donc on se dit qu'aujourd'hui ce n'est pas toute la France qui est concernée par cette histoire.
Mais si les Français arrivent à élire Nicolas Sarkozy comme président, ça voudrait tout simplement dire que la majorité des Français soutiennent cette politique, donc voilà, on attend, on se dit que beaucoup de Français ont dû être choqués par cette loi, il faut que tout le monde se batte pour que Monsieur Sarkozy ne soit pas président.

Pour continuer sur ce sujet d'actualité, quel est ton sentiment sur la venue de Nicolas Sarkozy en Afrique ?
La venue de Nicolas Sarkozy au Mali au lendemain du projet de loi déposé à l'assemblée nationale, je dis que c'est carrément une provocation, mais c'était tout simplement à nos leaders africains de lui dire de ne pas venir ; voilà, c'est la preuve encore que l'Afrique est toujours colonisée puisque c'est le maître qui vient et on ne peut pas lui dire non !!!
Et ça c'est vraiment dommage mais bon, le président du Mali a montré à Nicolas Sarkozy que nous, on n'a pas d'hospitalité choisie, on accueille tout le monde, ça, c'est la vision des politiques ; mais si j'avais été président du Mali, j'aurais dit à Nicolas Sarkozy que ce n'est pas la peine de venir, il n'y a que comme ça qu'on pourra éventuellement se faire respecter.


Pour parler d'un sujet tout aussi grave, nous souhaitons savoir quelles ont été les motivations de ta présence à la parade musicale de Solidarité Sida ?
Cette campagne de sensibilisation sur le sida me tenait à c½ur, car je viens d'un pays particulièrement touché, je pense que ma place était là aujourd'hui, il fallait que je sois ici pour représenter l'Afrique et aussi dire aux Français ce que tout le monde doit savoir, c'est que si l'Afrique est touchée, la plus touchée même, tant que cette maladie ne sera pas éradiquée partout dans le monde, personne n'est à l'abri.
Pour moi c'était important que je sois là et je voudrais en profiter pour remercier tous ceux qui ont pris l'initiative d'organiser cette caravane, parce que je pense que ça a permis à plein de gens qui ne vont jamais à des concerts de reggae ou de pop, qui ne vont jamais dans des lieux qui parlent de sensibilisation, même ceux qui étaient chez eux, ils ont entendu la musique dehors, ils ont posé des questions sur la sensibilisation, ce qui a permis de donner des réponses et des informations.
Cette initiative est bonne et j'ai même soumis l'idée que ce genre de sensibilisation soit organisée dans tous les pays d'Afrique, ça peut être très bien, je l'ai dit et signifié aux organisateurs aujourd'hui et c'est mon souhait le plus cher

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# Posté le jeudi 30 juillet 2009 07:32

Tiken nous reçoit, après son concert au Rockhal de Luxembourg pour une interview sans tabou ...

Tiken nous reçoit, après son concert au Rockhal de Luxembourg pour une interview sans tabou ...
Quel bilan tires-tu de l'Africain ?
Il est très positif : il est déjà disque d'or depuis mars (2008 ndlr), nous avons fait beaucoup de concerts, touché de nouveaux pays, un nouveau public, pas seulement celui du reggae, et c'était l'objectif.
Si tu comptes bien , il a été disque d'or en 7 mois, et pareil pour le DVD Live. La maison de disque avait un objetif de 10000 ventes et nous avons fait 20000 en 3 semaines.
Le bilan est donc très positif et je remercie tous les fans qui viennent aux concerts et qui soutiennent les idées.

Et tes projets après le live ?
On démarre une série de concerts en Europe, c'est jusqu'au 6 décembre : Suède, Oslo... En 2009, j'espère qu'on pourra faire les Etats Unis et le Canada et le retour en France, ce sera pas avant 2010.

Comment évoluent les choses en Côte d'Ivoire ?
Elles se stabilisent... Nous sommes toujours dans l'attente des élections... de ceux qui ont la clé de l'organisation des éléctions, car depuis longtemps, les ivoiriens n'ont pas eu les éléctions qu'ils méritaient.

Bientôt de retour ?
J'aimerais m'exprimer avant les éléctions, comme porte parole, ce qui tout à fait normal mais il n'y a rien de prévu officiellement pour l'instant.

Là c'est peut-être un sujet tabou, si tu veux pas répondre, tu réponds pas... beaucoup de fans s'interrogent sur Mister Grande Gueule, Alpha Blondy ?
Il a avoué qu'il parlait de moi lors d'une interview. Mais moi, je suis honoré... c'est comme quand il y a des chansons qui parlent de personnalités, pour moi c'est une marque de reconnaissance, d'avoir une chanson sur moi. Mais je ne veux pas rentrer dans son jeu, c'est trop petit.

Le mot de la fin...
Je salue les fans, les remercie de leur soutien en Afrique, en France...
Le chemin du réveil du peuple africain est encore long... Il faut faire passer le message pour l'indépendance des peuples africains
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# Posté le jeudi 30 juillet 2009 07:29

!!

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Des nouvelles de Tiken Jah Fakoly
09/01/2009 | par Reggae.fr
Tiken qui pour bien commencer l'année, sort un 8 titres intitulé "Radio libre" principalement porté sur le pays de Guinée. Les amateurs du chanteur pourront y découvrir 4 inédits dont "Il chante la Guinée" et "Mon Général". Les autres morceaux sont des remix de certains titres de son dernier album "L'africain"

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# Posté le mercredi 29 juillet 2009 10:55

Tiken Jah Fakoly : l'Afrique ne pleure plus, elle parle

Tiken Jah Fakoly : l'Afrique ne pleure plus, elle parle
Auteur : Frédérique Briard

Date de saisie : 12/04/2008

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Ed. des Arènes, Paris, France

Prix : 20.00 ¤ / 131.19 F

ISBN : 978-2-35204-053-8

GENCOD : 9782352040538

Sorti le : 03/04/2008


La présentation de l'éditeur
Marchant dans les traces d'illustres aînés le Jamaïcain Bob Marley ou le Nigérian Fela Anikulapo Kuti -, Tiken Jah Fakoly a su forger une musique de combat proche du peuple.

Sensible au sort des opprimés, il est la voix qui tonne contre la Françafrique, la corruption et le néocolonialisme de l'Occident.

Pour la première fois, un ouvrage - riche de multiples anecdotes et de photographies inédites - éclaire le parcours de Tiken. A travers son histoire personnelle et le sillon de ses albums, c'est une autre Afrique, optimiste et conquérante, qui prend résolument la parole.

Frédérique Briard est journaliste à Marianne depuis 2000. Spécialiste des musiques africaines, elle suit Tiken Jah Fakoly depuis plusieurs années et l'a accompagné lors de plusieurs voyages en Afrique.


Les premières lignes
ÊTRE OU NE PAS NAÎTRE GRIOT

En Afrique on ne devient pas griot, on l'est par la naissance et ce statut se transmet de génération en génération. Détenteur de la mémoire et de la tradition, garant du bon fonctionnement de la communauté, en d'autres temps laudateur et porte-parole des rois, le griot fut longtemps la clé de voûte de la société africaine. Rien ou presque ne se décidait sans lui. Il était à la fois médiateur - se chargeant de régler les conflits ou servant de lien entre le souverain et son peuple - et conservateur - étant l'unique dépositaire de l'Histoire et de la généalogie des familles, dans une société où l'écriture n'existait pas. Véritable ciment social, bâtisseur du présent s'appuyant sur le passé, son pouvoir, alors, était immense.
Sa parole, chantée et souvent accompagnée d instru­ments, faisait autorité, et sa maîtrise du verbe n'avait pas son pareil. L'avènement du griot (également appelé djeli dans le pays mandingue) remonte au XIIIe siècle, avec Balla Fasséké, qui était le griot de l'empereur Sundjata Keita - lui-même fondateur de l'Empire mandingue. De nos jours, le rôle du griot a perdu de son prestige et s'est banalisé. Beaucoup se sont mués en «griots alimentaires», comme Tiken Jah Fakoly les qualifie : prêts à chanter pour le premier venu dans le seul but de récupérer quelques billets.

À sa manière, quitte à s'affranchir de la tradition, Tiken Jah Fakoly est devenu griot sans l'être par la naissance. Il est un griot «de circonstances», comme il aime à se définir, car dans sa famille on ne naît pas griot. «À la fin du XIXe siècle, explique Tiken, mon arrière-grand-père, Walidji Doumbia, un forgeron, vivait dans ce petit village, Gbeleban, à la frontière de la Guinée et de la Côte d'Ivoire. Un jour, le grand chef de guerre Samory Touré est venu enrôler les hommes du village et "le Vieux" s'est retrouvé seul, en charge de veiller sur les maisons désertées. Pour effrayer les bêtes sauvages qui rôdaient, il lui fallait animer les lieux, faire du bruit. Il a alors créé un orchestre familial, entouré de ses enfants qui l'accompagnaient aux percussions et au chant, et il s'est improvisé griot. Voilà comment les circonstances ont fait de moi le descendant d'un griot !»

Le griot du peuple
Cent ans plus tard, cet héritage est toujours vivant, ancré dans les chansons de Tiken, dans sa façon de manier le verbe et de rapporter l'Histoire de son continent, encore trop souvent oubliée. «Chez Tiken, la tradition orale est très prégnante, confirme Sophie Gros, son manager. Il a un rapport à la parole très différent de celui que nous connaissons en Occident. Au quotidien, avec lui, tout ce qui est papier se perd ! Par contre, ce qui est dit ne sera jamais oublié.» Dans les propos de Tiken Jah Fakoly, l'impact des mots est indéniable : dépouillé et imagé, son langage, où rien n'est formulé par hasard, n'en est que plus riche de significations. Tiken a le sens de la formule, celle qui fait mouche et interpelle. «C'est le roi de la phrase-clé, résume Sylvain Taillet, son directeur artistique chez Barclay. Il a cette simplicité très africaine qui consiste à faire passer un message sans artifices. C'est simple et fort, car ça doit l'être pour être compris de tous.»




# Posté le dimanche 11 mai 2008 10:29